Le mot poétique de SAMA

Il n’y a personne, du moins en apparence : une lumière bleutée, un silence brillant, et de la mousse, verte, partout.

Une goutte d’eau perle d’une racine, glisse sur le sol et se dissout dans l’humus.

Un papillon translucide et léger traverse l’espace et s’en va se poser sur l’unique fleur à sa portée : rose et jaune, à la corolle gracile, un lotus.

Un souffle doux et chaud berce les feuilles de fougères disséminées de tous côtés, en une dans désordonnée, diffuse.

Un berceau, un écrin, un giron : de la vie, de la beauté.

Le temps n’a plus d’objet, le monde s’est arrêté ; l’énergie est ailleurs que dans le mouvement, elle est dans l’instant.

Un rayon de soleil perce la voûte des arbres et se perd dans la foisonnante diversité qu’il réchauffe en passant, de sa vibration, de sa pulsation, de sa gaieté. Il traverse une ramure, rebondit sur un tronc, se disperse dans l’air ambiant, en mille éclats de feu bienveillant.

Une brise discrète fait bruisser quelques branches, soulève un peu de poussière, libère un îlot de clarté qui n’existait pas jusque-là, aussitôt assailli de multiples curieux.

Un chant d’oiseau résonne alors au sein de cet éden oublié; un son cristallin, joyeux, entêtant et inédit : un message d’insouciance et d’allégresse aussi.

Il n’y a personne, du moins vous le croyez, car vos yeux n’ont pas tout saisi : la trace de vos pas, l’ombre de votre silhouette, votre respiration discrète.

Car vous êtes entrés dans ce paradis.

Car vous êtes le coeur de cette énergie.

Car vous êtes l’âme qui va en révéler la magie.

Un ange, un gardien, un enfant : du monde, de ses trésors.

Vous n’êtes pas seuls, jamais, mais mêlés à tout ce que vous traversez ; vous en êtes le maître et le dépositaire, pour le partager, le préserver.

Vous vous asseyez sur une souche, vous posez vos mains sur le bois. Vous sentez sa patine soyeuse, contemplez sa couleur ambrée.

Vous levez la tête et laissez votre regard se perdre dans les frondaisons ; curieux et distrait, intrigué et confiant.

Vous souriez alors, surpris, et riez même soudain : vous réalisez que tout va bien.

Il n’y a plus d’humain, d’animal ou de végétal : il ne reste que l’Univers entier.

Et la paix retrouvée.